Comment attirer plus de jeunes filles et de femmes dans les filières STEM ? En les inspirant !

Karen Verstappen
Temps de lecture, 11 min.  

femmes en informatique ? Même Sherlock Holmes a du mal à les trouver. Rien de surprenant puisque moins d’un tiers de ce secteur est féminisé ! Et pourtant cette diversité sur le lieu de travail est très importante ! En outre, l’informatique devient progressivement un métier à pénurie. La Commission européenne estime que d’ici 2020, ce secteur devra pourvoir pas moins d’un demi-million de postes vacants. Pour y remédier, il est crucial d’attirer les femmes dans ce secteur. Également confrontée à ces défis, Microsoft a donc lancé l’année dernière sa première étude « Girls in STEM ». Cette année, elle poursuit sur cette voie en s’appuyant sur les enseignements tirés. Qu’en ressort-il ? Les jeunes filles et femmes belges qui travaillent ou étudient dans le domaine des Sciences, de la Technologie, de l’Ingénierie et des Mathématiques (STEM) sont souvent très créatives et, à la faveur de modèles, elles estiment que leurs prestations sont plus élevées.

La fusion réussie entre la créativité et les STEM

Chiffres, code informatique et expériences mesurées : à première vue, les filières STEM n’ont pas grand-chose à voir avec la créativité, a fortiori quand il s’agit d’une théorie abstraite. Pourtant, il est très important que les jeunes filles puissent exprimer toute leur créativité. L’absence de tests et d’exercices pratiques et le peu de références au monde réel font que les jeunes filles n’associent pas les disciplines STEM à la créativité. Cependant, il semble exister un lien étroit entre les créatifs et l’intérêt, notamment pour les sciences et la technologie.

Malheureusement, ce sentiment de créativité diminue soudain considérablement lorsque ces jeunes filles vont étudier à l’université, contrairement à certains autres pays européens, à ce moment crucial de leur vie, lorsqu’elles font les premiers pas vers leur future carrière. En dépit de cette diminution, les femmes belges qui font des études de médecine ont le sentiment d’être encore plus créatives que leurs homologues qui suivent une filière artistique, ce qui tend à prouver la puissance des disciplines STEM. En outre, les femmes évoluant dans les filières STEM trouvent que leur créativité augmente, contrairement aux femmes actives dans le domaine des sciences sociales. Dans tous les secteurs considérés, ce sont les scientifiques qui se sentent les plus créatives. Dans le secteur technologique, les femmes belges ont également le sentiment qu’elles peuvent déployer beaucoup d’inventivité dans leur travail.

Sandra Bullock suscite l’intérêt des jeunes filles pour les STEM

Heureusement, les jeunes filles belges ne croient pas aux stéréotypes liés au genre. Elles ne pensent pas, par exemple, que les garçons sont meilleurs qu’elles dans les disciplines STEM et si elles évoquent un scientifique, ce peut aussi bien être un homme qu’une femme. Même si elles en sont parfaitement conscientes, il n’en reste pas moins qu’elles manquent de modèles féminins auxquels elles peuvent s’identifier.

Ces modèles sont vraiment importants pour éveiller leur intérêt pour les STEM. Sans modèle ou mentor pour les inspirer, à peine 13 % des femmes et des jeunes filles belges indiquent éprouver de l’intérêt pour les filières STEM. Ce chiffre est le plus bas de tous les pays participants à l’étude. Qu’elles admirent le personnage de Sandra Bullock, Ryan Stone, du film « Gravity », une scientifique de la NASA ou un personnage fictif comme Lisa Simpson, peu importe ! Si les jeunes filles belges ont un modèle, leur motivation augmente de 18 %, autrement dit, elle fait plus que doubler. Malheureusement, le nombre de jeunes filles ayant un modèle est très faible. Sur les 1 002 femmes et jeunes filles belges interrogées, seuls 35,1 % déclarent avoir une source d’inspiration pour les filières STEM.

Les jeunes filles belges n’attachent que peu d’importance à la filière dans laquelle leur idole STEM excelle. Elles éprouvent de l’intérêt pour toutes les disciplines STEM. Par ailleurs, force est de reconnaître que les jeunes filles belges aiment les chiffres ! Avec un modèle, leur intérêt pour les mathématiques fait un bon de 15 %, le plus important de toutes les disciplines STEM. Le fait que les modèles aient une telle influence sur l’intérêt porté aux orientations STEM est révélateur d’une chose : nous devons encore valoriser davantage les vedettes des filières STEM qui ont réussi !

2 jonge meisjes die samenwerken op een laptop

Les modèles des femmes et des jeunes filles belges

Nous avons demandé aux jeunes filles quels noms elles peuvent citer en premier lorsqu’elles pensent à des scientifiques importants. En Belgique, les deux noms qui reviennent le plus souvent sont Bill Gates et Steve Jobs, suivis d’Albert Einstein et de Thomas Edison. Il est très étonnant qu’aucune personne interrogée n’ait pu citer un/une Belge célèbre dans les filières STEM. Le premier modèle féminin, Marie Curie, se trouve très bas dans la liste. Personne ne pense à des femmes encore en vie. Donc si une femme est nommée, il s’agit d’une figure historique ou d’un personnage de fiction. Par conséquent, s’il est de bon ton de mettre les figures de proue masculines des disciplines STEM en avant, il est encore plus parlant de braquer les projecteurs sur les personnalités féminines de ces secteurs. Pourtant, les exemples de femmes qui excellent dans les filières STEM ne manquent pas. Seul hic, elles sont malheureusement complètement ignorées. Il suffit de penser à la géniale Ada Lovelace. Cette femme du XIXe siècle a prévu, avec deux siècles à l’avance, l’arrivée de l’intelligence artificielle et a écrit le tout premier algorithme informatique !

Grâce aux modèles, les jeunes filles belges font preuve de plus d’aplomb !

« Évidemment que les filles sont aussi fortes en math que les garçons ! », lance Maaike (13 ans), qui ne semble pas en douter une seule seconde. C’est d’ailleurs ce qu’elle a déclaré lors de notre événement DigiGirlz de l’année dernière. Il y a de fortes chances que Maaike ait une idole dans les filières STEM. Et ces modèles permettent de rebooster la confiance des jeunes filles belges. Lorsque nous leur demandons si elles s’en sortent bien dans les matières STEM, elles s’accordent systématiquement des résultats plus brillants que leurs amies sans modèle. Avoir un modèle est donc une bonne chose pour leur motivation afin qu’elles jouent également un rôle dans les filières STEM par la suite. Avec un modèle, les jeunes filles s’intéressent davantage aux disciplines STEM, croient davantage en leurs capacités et ont quelqu’un qui leur montre à quel point une carrière dans les STEM peut être passionnante.

Il n’est donc pas étonnant que les jeunes filles avec un modèle dans les filières STEM puissent s’imaginer plus facilement faire carrière par exemple dans le domaine de la physique, de la biologie ou de l’informatique. Pas moins de 42 % des jeunes filles belges avec un modèle indiquent qu’elles se voient occuper un job dans les disciplines STEM plus tard. « Et pourtant, lorsque nous examinons les femmes belges avec un modèle STEM, nous constatons que seulement un tiers d’entre elles travaillent dans un secteur STEM », déclare Elke Willaert. En tant que Directrice des RH chez Microsoft BeLux, elle est confrontée quotidiennement au défi lié à la représentativité hommes/femmes sur le lieu de travail. Elle aime donc soutenir les initiatives visant à guider les jeunes filles et les femmes vers les disciplines STEM. « La passion pour les STEM que les modèles éveillent chez les jeunes filles ne se traduit donc pas encore par une augmentation des effectifs féminins sur le lieu de travail, notamment dans les entreprises technologiques. Autrement dit, les talents non exploités ne manquent pas ! Il existe donc un véritable « fossé d’opportunités ». Cette situation nous motive encore davantage à attirer toujours plus de jeunes filles dans les filières STEM ! »

Elke Willaert, HR directeur Microsoft Belux

Elke Willaert, HR directeur Microsoft Belux

Soutien de l’institutrice, du CERN et des mamans

Afin de combler ce fossé, il est également utile de présenter des instituts STEM de notoriété, tels que le CERN, ou de mettre en avant des enseignants en tant que modèles pour les jeunes filles belges. Parce que, selon notre étude, ces personnes sont les plus influentes pour doper l’intérêt des jeunes filles pour les disciplines STEM. Curieusement, l’avis de leurs copines est rarement écouté, alors que ce groupe arrive en haut de la liste dans le reste de l’Europe. Lorsque les jeunes filles ont un modèle, elles accordent plus d’importance à l’aide et à l’enthousiasme de leur famille et au travail de leurs parents. Les jeunes filles avec un modèle veulent l’encouragement de leur famille, surtout de leur mère. Pour Katleen Dewaele, responsable philanthropique chez Microsoft BeLux, la maman est également la personne idéale pour encourager les jeunes filles : « Une telle idole est le point de départ idéal pour parler des disciplines STEM à sa fille. Pour de nombreuses jeunes filles, la maman est la femme à laquelle elles entretiennent la meilleure relation et son soutien est crucial. »

« Tant que les jeunes filles perdent si massivement leur intérêt pour les disciplines STEM et que nous n’avons pas une égalité hommes-femmes dans le secteur informatique, nous continuerons à chercher des moyens de motiver les jeunes filles et les femmes.»

«Et c’est une véritable gageure en Belgique, car les jeunes filles perdent tout intérêt pour les disciplines STEM à 14 ans, alors que cette passion ne naît en moyenne que vers 12 ans. Une très courte période donc pour qu’elles ne perdent pas leur enthousiasme pour les disciplines STEM », poursuit Katleen Dewaele.

Katleen Dewaele, Communications and Philanthropies Manager Microsoft Belux

Katleen Dewaele, Communications and Philanthropies Manager Microsoft Belux

La première étape ? Une heure de code

Une autre raison pour laquelle les femmes sont encore fortement sous-représentées dans les emplois STEM ressort de notre étude de l’année dernière : les jeunes filles n’ont pas assez d’exemples pratiques. À peine 30 % des jeunes filles trouvent qu’elles ont suffisamment d’exercices pratiques avec les matières STEM. Elles ne voient donc pas suffisamment à quel point elles peuvent être créatives en tant qu’informaticiennes ou scientifiques. Si nous souhaitons convaincre les jeunes filles d’embrasser une carrière dans les filières STEM, nous devons nous concentrer davantage sur les ateliers qui mettent l’accent sur le côté créatif des sciences, de la technologie, des études d’ingénieur et des mathématiques. Comment procéder ? « En leur donnant des outils comme Minecraft, avec lesquels elles peuvent donner libre cours à leur créativité », souligne Katleen Dewaele. « C’est la raison pour laquelle nous faisons découvrir les disciplines STEM chaque année aux jeunes filles lors de l’« Heure de code ». Nous transposerons ce que nous avons appris sur l’importance de la créativité dans nos futurs ateliers, afin de mettre encore plus l’accent sur ce point. Nous organisons également chaque année un événement DigiGirlz, dans le cadre duquel nous organisons de nombreux ateliers comme la programmation avec Micro:bit et la construction de robots avec LEGO Mindstorms ». Rendez-vous le 5 mai au DigiGirlz lors du AND& Festival ! 

Les chiffres les plus parlants

  • Nombre de jeunes filles et de femmes qui ont participé à l’étude : 11 500
  • Jeunes filles et femmes belges qui ont participé à l’étude : 1 000
  • Âge des jeunes filles et des femmes : entre 11 et 30 ans
  • 32,2 % des jeunes filles et des femmes belges se sentent Très à Extrêmement créatives
  • Pourcentage du sentiment de créativité : 40,4 % entre 14 et 16 ans ; 21,5 % entre 23 et 25 ans ; 38,3 % entre 29 et 30 ans.
  • 40 % des femmes scientifiques trouvent leur emploi créatif. Elles sont en tête du classement.
  • Intérêt pour les disciplines STEM avec un modèle : 31 %
  • Intérêt pour les disciplines STEM sans modèle : 13 %
  • Place de la Belgique dans le classement européen de l’intérêt pour les disciplines STEM sans modèle : douzième place sur 12 pays participants

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